À travers l’espace, le récit

par Gaëlle Bou – automne 2024

Pour éprouver la création d’espace au cœur du cinéma, j’ai pu participer comme cheffe décoratrice bénévole à plusieurs courts métrages.

sur le tournage de Rover de plage, de Louis Jamin — © dr

Tout commence par ce message : “un ami à moi prépare un tournage, et il cherche quelqu’un en décoration”. Puis de fil en aiguille, je me faufile pour être cheffe décoratrice sur des courts métrages. Le premier fut Rover de plage réalisé par Louis Jamin. Je devais transformer une caravane de vacances, en un lieu d’observation d’un être inconnu. La préparation a donc commencé. Je repère des objets dans le garage de mes parents, les propose au réalisateur, cherche des solutions pour l’habillage, etc. Le but est de préparer la caravane en totalité. Sur ce court-métrage, ma mission s’arrête à cela.

Puis quelques mois plus tard, Nathan Dupessey me contacte pour un autre court métrage. Cette fois-ci, l’objectif est de concevoir et mettre en place tous les décors du court métrage. Je serai présente sur le tournage et le démontage. Il me reste un mois avant le tournage pour tout préparer et concevoir. Tout d’abord, on échange avec le réalisateur par rapport au scénario, ses envies, les images qu’il souhaiterait, le budget, les conditions du tournage, etc. Le but est de comprendre sa vision, ses références, ses envies. Le lieu de tournage étant déjà choisi, j’essaie de me projeter, de comprendre l’espace de cette maison et de ce bateau. On continue d’échanger par rapport à mes dessins, croquis, à des objets, couleurs, tissus, etc. On construit le récit spatial ensemble.
Lors de cette préparation, j’apprends aussi à anticiper un court métrage. Je gère les différents achats pour les décors, l’acheminement sur place, le rangement, et le rendu des différents objets. Mais aussi, les questions de planning pour mon installation, je dois prévoir combien de temps prendront chaque chose pour que chaque décor soit prêt en temps et en heure. Un dialogue entre mes contraintes et l’emploi du temps du tournage commence comme un casse-tête que je dois résoudre. Enfin, le tournage commence. On se réunit acteurs, techniciens bénévoles, pour commencer directement le tournage. Une alternance s’installe entre aide sur le plateau, installation, repas, etc. Je couds, tiens les installations techniques, aide d’autres techniciens, entretien les accessoires, etc. On réagit face aux résultats, aux demandes de dernière minute, aux problèmes qui se posent. Le tournage est le moment d’effervescence où tout ce qu’on a fait avant prend forme. Puis petit à petit chaque scène se tourne. La fin du tournage est annoncée.

sur le tournage de Apparition, de Nathan Dupessey — © dr

Ensuite, le démontage commence. Chaque chose doit retourner à sa place et à son propriétaire en bon état. On déménage tout dans l’autre sens en suivant les indications et photos que j’avais laissé à l’installation. On charge ma voiture et on repart. Il ne reste plus que les vidéos de notre passage. Puis l’attente commence de la version finale du court métrage. Je lâche prise sur mon travail et celui des monteurs commencent.

sur le tournage de Ouest, de Louis Jamin — © dr

Après cette expérience riche, j’ai été de nouveau contacté pour un autre court métrage : Ouest de Louis Jamin. Je suis là en conseil. De même, je fournis les objets, donne mon avis, on construit les décors ensemble. Je fais les visites avec lui des différents lieux. Ne pouvant pas être là pour le tournage, je lui prépare des indications et instructions pour les différents décors.

Finalement, tous ces moments m’ont permis de rencontrer pleins de personnes passionnées en échangeant sur un projet commun. J’ai pu participer à la construction d’une même vision agrémentée par de nombreux corps de métiers. J’ai pu voir les courts métrages se faire sous mes yeux, et participer à cette danse de tous les techniciens pour fabriquer le projet.